L’interminable errance des migrants africains en Israël

TEL AVIV et DESERT DU NÉGUEV, Israël – Israël n’est pas un pays pour les réfugiés africains. Sur 16 000 demandeurs, seulement dix migrants ont obtenu l’asile en Israël entre 2013 et 2017. Soit 1 % des demandes. En Europe, 92 % des Érythréens et 56 % de Soudanais obtiennent le statut de refugié politique.  

Aujourd’hui, 40 000 migrants africains habitent pourtant dans le pays. Ils sont publiquement appelés « infiltrés ». Arrivés entre 2007 et 2012, leurs histoires se ressemblent. Ces hommes et ces femmes ont traversé l’Égypte et le désert du Sinaï en quête d’un refuge. 

En 2014, le gouvernement israélien a érigé un mur antimigrants à la frontière : dès lors personne n’a réussi à la franchir. Depuis janvier 2019, un plan controversé du gouvernement imposait aux migrants de trancher : la prison pour une période indéfinie ou l’expulsion vers le Rwanda ou l’Ouganda. 

Après de nombreuses manifestations, lundi 2 avril 2018, le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou avait renoncé aux déportations de masse. Israël avait signé un accord avec l’ONU pour le transfert de 16 000 demandeurs dans des « pays occidentaux » et s'était engagé à donner un titre de séjour à un nombre équivalent d'entre eux devant rester sur son territoire.

Une décision sur laquelle il est revenu, le mardi 3 avril 2018, en suspendant l'accord. « Nous allons continuer avec détermination à tout mettre en œuvre pour sortir les clandestins du pays », a-t-il affirmé. Le projet d'expulsion avait suscité de nombreuses critiques, notamment celles du Haut Commissariat pour les Réfugiés et de nombreuses ONG. En février 2018, des manifestations avaient réuni des dizaines de milliers de personnes dans plusieurs villes du pays.

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